ANAE N° 110 – Multidys & retard mental Le partenariat inter-professionnel pour la prise en charge des TSA

Nous remercions l’équipe d’A.N.A.E d’ouvrir les colonnes de sa revue, en acceptant de publier les actes de notre colloque d’octobre 2009 qui avait pour objectif de rassembler et de faire échanger une cohorte large et variée de professions et de personnes directement concernées par les troubles spécifiques des apprentissages (TSA) de

 

La première partie, scientifique en toute modestie, s’attachera à déchiffrer les mécanismes du diagnostic différentiel entre un « multidys » (un enfant présentant de façon indépendante au moins deux troubles spécifiques des apprentissages) d’un retard mental (un enfant présentant un déficit global, pour tous les apprentissages). En insistant sur les enjeux pédagogiques et rééducatifs et plus globalement sur le parcours scolaire, en milieu ordinaire ou protégé pour le multidys, normo-intellectuel (Clis TSA, ou Ulis), en milieu spécialisé pour le déficient intellectuel (cf. article d’Agnès Blache et Corinne Gardie). Nous verrons que l’expérience du terrain, avec quelques études de cas ou la description d’une pathologie particulière (la dyspraxie verbale), n’autorise pas à être aussi tranché.

 

L’objectif de la seconde partie, plus difficile à illustrer par écrit, cherche à démontrer la nécessité qu’un dialogue, quelles que soient ses déclinaisons, s’installe entre les différents professionnels impliqués dans les troubles des apprentissages. La mise en place de tels réseaux illustre au premier chef ce partenariat, car ils créent un lien pertinent pour l’enfant et sa famille, non seulement entre les différents rééducateurs, mais aussi entre tous les partenaires du répertoire TSA.

 

Revenons aux multidys et aux retards mentaux. Différencier ces deux entités conduit directement à évoquer la notion théorique d’intelligence. C’est à Jacques Grégoire que revient la difficile mission de définir ce qu’est l’intelligence et comment, si cela est possible, la mesurer. Avec toutes les réserves quant à la nécessité de toujours interpréter les résultats des tests intellectuels en fonction du contexte de passation et de l’histoire de l’enfant, il démontrera avec brio, quelle que soit la théorie intellectuelle sous laquelle on se place, que l’intelligence intrinsèque d’un individu, soit le facteur g, ne peut être mesuré de façon pure.

 

Dans cette impossibilité réside toutes les difficultés du diagnostic différentiel. Le multidys est intelligent intrinsèquement, alors qu’extrinsèquement, sa comorbidité cognitive, plus elle concernera de domaines, peut donner le change avec une déficience mentale, par interférence avec les tests même les plus chargés en facteur g. Alors comment établir un diagnostic différentiel en pratique ?