ANAE N° 111 – La Dyspraxie

Un nouveau numéro consacré à la dyspraxie de l’enfant? Le sujet n’est il pas épuisé!! Pour justifier notre opiniâtreté à traiter de cette pathologie, nous ferons référence à deux articles  publiés dans la littérature, celui de Gibbs et al (2007) «Dyspraxia or Developmental Coordination Disorder? Unravelling the enigma» et celui de Steinman et al (2010) «Toward a narrower, more pragmatic view of Developmental Dyspraxia»; deux titres qui, de notre point de vue, posent les principales questions que nous devons nous poser en tant que cliniciens: La Dyspraxie de l’enfant, comment «démêler» l’énigme? Sans oublier de garder un point de vue pratique ou pragmatique. Ce sont ces deux thèmes qui ont guidé le choix des textes que nous avons ici sélectionnés.

 

Dans le premier texte, «Evolution et multiplicité des concepts» nous avons souhaité faire partager au lecteur la richesse des concepts, des interprétations, des descriptions, des termes que cette pathologie suscite. Ce parcours montre aussi les recoupements, croisements des idées, les tentatives de synthèses en empruntant aux différents écrits et c’est bien de cela dont parle cette pathologie, de la nécessité d’aller puiser dans plusieurs disciplines et à plusieurs âges, en témoigne le rapprochement avec l’apraxie de l’adulte.

 

Gérald Bussy avec ses collaborateurs aborde la question de l’hypothèse du déficit du traitement procédural en tant que mécanisme commun dans la dyspraxie verbale qui associe dysphasie et dyspraxie. Il ne s’agirait donc pas de deux pathologies distinctes mais d’un continuum entre elles. Ce constat nous amène à nous interroger, à nouveau, sur le lien entre le langage et le geste tel que Liepman (1920) l’avait pressenti en décrivant l’association très fréquente d’une apraxie gestuelle chez le sujet aphasique.

 

Marie-Aimée Rocher porte son regard de psychomotricienne sur une pathologie qui prend naissance avec les premiers fondateurs de la psychomotricité, Dupré, Bourneville, Wallon puis Ajuriaguerra, à la fois médecin, neurologue, psychiatre, neuropsychologue, psychanaliste. Qui aura mieux décrit la dyspraxie infantile, dans son manuel de psychiatrie de l’enfant, que cet auteur et dans des termes d’une grande modernité? Qui pouvait mieux qu’Ajuriaguerra, de par l’éclectisme de sa formation, rendre compte de la dyspraxie de l’enfant ?