ANAE N° 134 – La Neuroéducation

Depuis les années 90, nos connaissances sur le fonctionne­ment du cerveau ont évolué à un rythme exponentiel. Grâce notamment à l’arrivée de l’imagerie par résonance magné­tique fonctionnelle il y a 25 ans – une technologie qui permet d’obtenir rapidement et de façon sécuritaire des images détaillées de la structure et de l’activité du cerveau – les chercheurs ont pu identifier de manière assez précise les mécanismes cérébraux associés à différentes compétences scolaires comme la lecture et le calcul). Plus intéressant encore pour l’éducation, de plus en plus de chercheurs n’essaient plus seulement de connaître le fonctionnement du cerveau, mais tentent aussi de comprendre comment ce fonctionnement se développe et comment les apprentissages peuvent influencer ce développement.

 

Ces nouvelles connaissances à l’intersection des neuros­ciences et de l’éducation ont donné naissance à un domaine de recherche que l’on appelle souvent la neuroéducation, lequel étudie certaines problématiques éducatives à un niveau d’analyse qui était difficilement accessible auparavant : le niveau cérébral. Ce domaine cherche non seulement à identifier les mécanismes liés aux appren­tissages scolaires et à l’enseignement, mais aussi à com­prendre comment la connaissance de ces mécanismes peut nous donner des indices pour faciliter l’apprentissage et mieux enseigner aux élèves.

 

Bien que l’on connaisse assez bien les mécanismes cérébraux liés à l’apprentissage de la lecture et du calcul, les effets sur le cerveau des pratiques d’enseignement associés à ces apprentissages demeurent très peu connus. S’il est vrai qu’aujourd’hui mieux comprendre le cerveau peut nous donner des indices pour mieux apprendre et enseigner, ce sera probablement

encore plus vrai dans un futur rapproché et il deviendra de plus en plus essentiel de tenir compte des connaissances issues des recherches en neuroéducation.