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ANAE N° 126/127 – GUIDE DE L’EXAMEN COGNITIF ET NEUROPSYCHOLOGIQUE CHEZ L’ENFANT AVEC PARALYSIE CÉRÉBRALE

Disponible

Dossier coordonné par Sybille Gonzalez-Monge (Lyon) et Florence Marchal (Saint-Maurice)

Ce numéro s’adresse à tout professionnel travaillant auprès d’enfants avec paralysie cérébrale qui s’interroge sur la question de leur évaluation cognitive et neuropsychologique. En effet comment, aujourd’hui, suite à l’avancée des connaissances en neurosciences et concernant la maturation cérébrale en lien avec le développement cognitif, pourrions-nous ne pas nous poser la question de possibles perturbations dans ces domaines chez un enfant victime d’une lésion cérébrale précoce et même dans la très grande majorité des cas d’une lésion survenue dans la période congénitale, c’est-à-dire dans la période ante et/ou périnatale.

Le lecteur ne trouvera pas ici une revue de la littérature sur les dernières avancées de la recherche sur ce sujet. Notre propos est de transmettre notre expérience clinique, tenant compte des connaissances actuelles sur ces questions, au praticien en charge de ces enfants.

Pourquoi avoir utilisé dans le titre du guide, les deux termes « cognitif » et « neuropsychologique » ? Parce qu’il nous semble que ces deux termes souvent employés de façon indifférenciée doivent retrouver leur place et leur sens dans le champ de la paralysie cérébrale. Le terme « cognitif » renvoie classiquement aux mécanismes de la pensée et aux différents processus de traitement de l’information. Le terme « neuropsychologique » apporte lui la notion de soubassement cérébral. Il s’agit donc bien ici d’utiliser ces deux termes pour que le lecteur prenne en considération que chez ces enfants cérébrolésés nous avons, aujourd’hui, des connaissances concernant les perturbations de leur fonctionnement cognitif sans qu’il puisse toujours être établi un lien avec leur lésion cérébrale.

Comment ce double numéro « spécial » est-il organisé ? Le lecteur pourra y trouver quatre parties.

Dans une première partie intitulée « État des connaissances », l’histoire des idées et des concepts dans le champ de la cognition de l’enfant cérébrolésé est présentée, marquée par des positions fortes et parfois contradictoires responsables de débats et parfois de controverses que nous ne devons pas méconnaître car guidant nos pratiques cliniques. Une place importante a également été consacrée aux corrélations anatomocliniques, à notre avis insuffisamment documenté dans la littérature alors qu’elles sont les bases fondamentales de la réflexion et de la modélisation neuropsychologique en cas de lésions cérébrales acquises. Des données épidémiologiques concernant l’efficience intellectuelle versus le retard mental et l’altération versus la préservation des différentes fonctions cognitives sont rapportées permettant d’apprécier leur impact dans le domaine de la santé publique.

Dans la seconde partie « Principes et généralités », nous avons souhaité nous interroger sur des questions préalables à l’évaluation (quand et comment évaluer, quelle démarche diagnostique et lorsque l’examen concerne les toutes premières années de la vie ?), sur la place des facteurs psychologiques et psychiques mais aussi sur la place de l’examen psychomoteur qui enrichit l’examen de la motricité et de la cognition. Un chapitre est consacré à l’épilepsie, à son risque de survenue dans la paralysie cérébrale et de retentissement sur le plan du développement cognitif et des apprentissages.

La troisième partie « Évaluation par fonctions » est consacrée aux différents troubles cognitifs, domaine par domaine, fonction par fonction (langage et communication, fonction perceptivo-visuelle, praxies, mémoire, attention et fonctions exécutives). Il s’agit ici de présenter la démarche diagnostique concernant chaque fonction en mettant en évidence ce qui est propre à l’enfant avec paralysie cérébrale. On voit bien comment l’étude des différents troubles cognitifs dans la paralysie cérébrale contribue à enrichir le domaine de la neuropsychologie de l’enfant, en général. En effet, un lecteur ne travaillant pas dans le champ de la paralysie cérébrale pourra ici faire le constat des similarités et des différences avec les autres pathologies neurocognitives développementales.

Enfin, la quatrième et dernière partie apporte un éclairage sur les « conséquences scolaires et éducatives », informe le lecteur sur les aides techniques et l’oriente sur les démarches pratiques et administratives et sur le lien avec le secteur médico-social.

En résumé, un premier travail consécutif à la mise en commun d’une réflexion de plusieurs auteurs, plusieurs métiers, plusieurs centres qui ont pu, grâce à cette démarche, consolider des liens à la fois sur le plan conceptuel et des pratiques de terrain.

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