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ANAE N° 128 – QUOI DE NEUF DANS LES TROUBLES SPÉCIFIQUES DE L’APPRENTISSAGE

Disponible

Dossier coordonné par le Pr Yves Chaix (Toulouse)

Plusieurs numéros d’A.N.A.E. ayant déjà été consacrés à ce thème, que proposer dans ce domaine qui puisse intéresser les lecteurs ? Certainement pas une mise au point sur chacun des troubles que l’on peut trouver aisément, par exemple dans l’expertise collective de l’INSERM. J’ai donc décidé de suivre la célèbre phrase de Bugs Bunny à Elmer « Euh, quoi de neuf docteur ? » pour réaliser ce numéro : quelles sont les nouveautés ou les originalités dans chacun des troubles de l’apprentissage de la Lecture, du Calcul, et de l’Écriture ?

J’ai bien sûr du faire des choix quant aux auteurs, ne pouvant demander à tous les spécialistes reconnus une contribution et j’espère qu’ils ne m’en tiendront pas rigueur. Mes choix ont été guidés par la volonté d’associer des personnalités reconnues dans le domaine des troubles de l’apprentissage à de plus jeunes chercheurs à l’origine de travaux innovants qui annoncent la relève. Ce dossier est donc volontairement constitué d’articles de synthèses et d’autres plus expérimentaux.

Parmi les nouveautés dans les troubles de l’apprentissage, il est difficile de ne pas consacrer un premier article à la publication récente du DSM-5 avec la volonté de mettre en exergue les évolutions positives malgré les nombreuses controverses. Ces CLASSIFICATIONS, forcément imparfaites car amenées à évoluer régulièrement, n’en demeurent pas moins incontournables pour pouvoir permettre aux différents professionnels de parler des mêmes enfants et de progresser dans la compréhension des processus cognitifs à l’origine de ces troubles.

Dans le domaine de la LECTURE, si la dyslexie développementale a été initialement décrite à la fin du XIXe siècle comme un trouble visuel (« cécité congénitale des mots »), la conviction de l’implication d’un déficit des processus phonologiques dans la dyslexie a été largement dominante au milieu et à la fin du XXe siècle. Néanmoins dès la fin du XXe siècle et au début du XXIe, l’hypothèse d’un déficit visuel a repris de l’importance. Il était de ce fait nécessaire de demander à Mélanie Jucla de faire le point sur ce qui reste actuellement de la théorie phonologique dans la dyslexie et à Sylviane Valdois de nous préciser quels étaient les processus visuels inclus dans la nouvelle hypothèse visuo-attentionnelle. Cette opposition entre aspects verbaux et visuels nous conduit à aborder la question générale de l’intermodalité et des nouvelles pistes rééducatives possibles. Dans ce contexte, Michel Habib aborde les bases scientifiques d’une rééducation par la musique dans la dyslexie.

Dans le domaine du CALCUL, nous connaissons les liens existants entre doigts et nombres notamment depuis les travaux de Michel Fayol. Mais le caractère indispensable des gnosies digitales dans le développement des aptitudes numériques reste discuté. Les travaux de Catherine Thevenot sur ces questions à partir d’un modèle pathologique original, celui de l’enfant hémiplégique, apportent ainsi des éclairages nouveaux.

Pour l’ÉCRITURE, deux aspects sont à l’œuvre un aspect moteur et un aspect linguistique. Régis Soppelsa et Jean Michel Albaret présentent, dans leur article, un nouvel outil d’évaluation de l’écriture (BHK-Ado) chez les collégiens qui faisait défaut jusqu’à présent. Ils reprécisent dans leur article le rôle clé de l’écriture manuscrite au collège et les conséquences en cascade de la dysgraphie sur les fonctions cognitives. L’équipe de Denis Alamargot étudie justement ces relations entre performances graphomotrices et orthographiques chez des enfants normolecteurs et chez des enfants dyslexiques.

Dyslexie, Dysorthographie, Dyscalculie, Dysgraphie : autant de troubles pour lesquels, les équipes francophones restent mobilisées et à la pointe pour décortiquer les mécanismes cognitifs sous-jacents, pour produire des outils d’évaluation, pour proposer de nouvelles pistes rééducatives. J’espère que ce numéro spécial d’A.N.A.E. vous aura convaincu.

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