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ANAE N° 153 – SCIENCES ET PSYCHOMOTRICITÉ

Disponible

Dossier coordonné par Jean-Michel Albaret (Université de Toulouse III Paul Sabatier)

Qu’en est-il aujourd’hui du rapport de la Psychomotricité à la Science ? Comment faire vivre une science de la psychomotricité ? Sous quelle forme les psychomotriciens peuvent-ils susciter une évolution des modèles théoriques ? Quels rapports le mouvement intentionnel, la motricité en relation, permettent-ils d’établir entre l’individu et le milieu ?

Ce numéro d’ANAE, issu des 20e Journées Toulousaines de Psychomotricité, tenues en mai 2018, essaye de répondre à ces questions en proposant aux psychomotriciens et à l’ensemble des professionnels de santé de regarder l’originalité des multiples aspects de l’approche psychomotrice, de présenter les avancées actuelles ainsi que les nouvelles thérapeutiques et de susciter un débat constructif.

Pour commencer, le Professeur Jacques Corraze, fondateur de l’école de psychomotricité de Toulouse, présentera dans son article « Science des communications, mécanismes d’influence et clinique psychomotrice », l’importance de la relation thérapeutique avec le porteur d’un trouble, relation qui permet la collaboration du sujet et son accord sur les modalités de prise en charge. Il y développera les notions d’influence, d’empathie, de persuasion et de communications non verbales.

Michel Probst, Professeur à l’Université de Leuven et chef du service de thérapie physique et de thérapie psychomotrice de la clinique universitaire psychiatrique, défendra dans son article « La psychomotricité est-elle une discipline scientifique ? Quelques pistes de réflexion sur la conception de la psychomotricité, en France et à l’étranger » l’idée d’une discipline résolument tournée vers la recherche scientifique, un fondement crucial pour l’identité de la profession, mais aussi pour l’évaluation de la qualité des soins et des interventions psychomotrices, la compréhension des mécanismes sous-jacents et l’appréciation des éléments efficaces des techniques utilisées.

Rui Martins, Professeur associé à la faculté de motricité humaine de l’Université de Lisbonne évoquera « La Science dans l’avenir professionnel de la psychomotricité : défis et nouvelles opportunités ». Son article permettra de positionner la psychomotricité comme ressource indispensable lorsqu’une compréhension intégrée et systémique de la personne est nécessaire. Il y réaffirmera le rôle et la responsabilité de l’université et de la recherche dans cette mission d’importance, participant notamment à la création de profils professionnels plus actifs et participatifs.

Dans « De la guerre des écoles à une réingénierie intégrative », Denis Grabot, directeur de l’Institut de Formation en Psychomotricité de l’Université de Bordeaux, évoquera les conflits idéologiques, d’intérêts et d’egos ayant jalonné les 50 dernières années de la profession. Il présentera également le tournant universitaire des professions paramédicales en 2018 et la pertinence dans ce cadre de passer des tumultes du passé à une psychomotricité intégrative afin, pour la psychomotricité notamment, de favoriser la création de diplômes universitaires, la structuration des dispositifs et la création d’une nouvelle section au Conseil National des Universités.

Jessica Tallet, psychomotricienne, maître de conférences à l’Université de Toulouse et membre de l’Inserm dans le domaine des neurosciences au sein de l’unité Toulouse Neuro Imaging Center traitera par la suite de « L’Apport des recherches sur la plasticité cérébrale pour comprendre les effets de la rééducation psychomotrice : évidences et réflexions ». Elle y présentera comment l’avancée des recherches en neurosciences permet de mieux comprendre les améliorations comportementales en lien avec la rééducation, en décrivant notamment le phénomène de neuroplasticité. Les conditions qui favorisent un tel phénomène seront développées, la rééducation psychomotrice étant l’une d’entre elles.

En suivant, l’article « Comment étudier scientifiquement la fonction de communication de la motricité chez le jeune enfant ? » de Marianne Jover, Professeur des universités à l’Université d’Aix-Marseille et membre du laboratoire PsyCLE, interrogera le lien unissant sciences, psychomotricité et communication du nourrisson. Elle présentera les résultats des quelques études scientifiques ayant exploré cette fonction de communication de l’activité motrice du jeune enfant puis présentera le cadre théorique de ses recherches sur cette thématique, notamment au travers des interactions dyadiques et de l’identification des émotions chez le nourrisson en mouvement.

Par la suite, James Rivière, maître de conférences en psychologie du développement à l’Université de Rouen, proposera un article intitulé « Quand le corps décide : l’enracinement de la prise de décision dans l’action motrice ». Il y mettra en évidence l’enracinement de la prise de décision dans l’action motrice et comment les mécanismes perceptivo-moteurs induisent des contraintes dans le choix d’une action à réaliser. Il développera notamment le concept de prise de décision incarnée, concept qu’il illustrera par le biais de trois types d’erreurs commises dans la prime enfance.

Pour terminer ce numéro d’A.N.A.E., l’article « Étudier l’écriture dans le cadre du bilinguisme-bigraphisme arabe-français » de Céleste Younes-Harb, psychomotricienne de formation, chargée d’enseignement à l’institut de psychomotricité de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth et doctorante en biomécanique et neuro-imagerie fonctionnelle, traitera des conséquences possibles de la situation de bilinguisme/bigraphisme vécue dans de nombreux pays possédant un système graphique différent de l’écriture en caractères latins pratiquée dans la majorité des pays occidentaux. Les notions de bilinguisme et de bigraphisme y seront détaillées, notamment au travers de l’exemple particulier du bilinguisme/bigraphisme arabe/français.

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