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ANAE N°164 – PRÉVENIR LES TROUBLES DE DÉVELOPPEMENT DU LANGAGE EN COLLABORANT DANS LES MILIEUX EDUCATIFS

Longtemps cantonnés à l’évaluation et la prise en charge, les orthophonistes ont, depuis une trentaine d’années, pris à bras le corps la problématique de la prévention des troubles langagiers chez l’enfant. Les actions d’information se multiplient. Ainsi, des campagnes telles que « 1 bébé 1 livre  » en France ou « Appelons un chat un chat  » en Belgique sont autant de dispositifs intéressants pour sensibiliser le grand public ou les professionnels de la santé et de l’éducation aux attitudes et comportements adéquats pour soutenir le langage.

Quel que soit le public, le travail collaboratif est essentiel. Au niveau international, l’évolution professionnelle de l’orthophonie se traduit par une proportion grandissante d’intervention indirecte. En d’autres mots, les orthophonistes sont de moins en moins amenés à travailler uniquement dans des contextes cliniques avec des patients individuels (intervention directe) et travaillent de plus en plus à travers d’autres (intervention indirecte). Une des raisons de cette évolution est la prise de conscience de l’importance et de la sensibilité de l’enfant au contexte. Ceux qui sont avec l’enfant au quotidien (parents, enseignants, éducateurs) sont ainsi mieux placés pour modifier et enrichir le contexte et devraient être impliqués (Law, 2019). Par extension, prévenir les troubles en soutenant le développement du langage de l’enfant dans ses différents lieux de vie, et plus particulièrement dans les milieux éducatifs, devient une évidence.

Les différentes contributions proposées dans ce numéro thématique ont pour principal objectif d’illustrer une variété de pratiques collaboratives visant à soutenir le développement du langage des enfants dans leur milieu éducatif, en tenant compte de leurs besoins spécifiques. Les modèles d’intervention hybrides vont être amenés à se développer de plus en plus et à compléter les pratiques traditionnelles des orthophonistes basées sur le modèle médical d’intervention de type pull out, dans lesquelles l’enfant est extrait de sa classe pour recevoir des soins individualisés (Archibald, 2017). Ce modèle, coûteux et pas toujours suffisamment efficace, gagnerait à être complété par d’autres pratiques dans lesquelles différents professionnels, dont les orthophonistes, rassemblent leurs expertises spécifiques pour soutenir les apprentissages de tous les enfants, selon leurs besoins, là et quand ils apprennent.

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