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ANAE

Approche Neuropsychologique des Apprentissages chez l’Enfant

Des propositions pour favoriser les recherches sur les situations de handicap et les troubles neurodéveloppementaux en France – ANAE N° 174 – É. Gentaz

Les recherches sur les situations de handicap et les troubles neuro-développementaux (Déficiences intellectuelles, troubles du spectre autistique, troubles déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité ou impulsivité, troubles DSY) sont essentielles pour produire des connaissances à la fois théorique et clinique. Des recherches sont ainsi nécessaires pour élaborer des prises en charges et évaluer leur efficacité ou efficience (Gentaz, 2021). En 2018 j’avais alerté sur les très faibles ressources humaines et financières disponibles sur ces thèmes en signalant qu’environ seulement 2-3 % des postes étaient ouverts dans la prochaine campagne de recrutement des futurs enseignants-chercheurs (MCF) en psychologie, en sciences du langage, en sciences de l’éducation et en sciences et techniques sportives (Gentaz, 2018).

Les analyses des données plus récentes sur les contrats doctoraux financés, les postes ouverts et les fonds de recherche montrent que ces ressources sont toujours aussi faibles alors que ces questions sont des problèmes de santé publique majeurs. Par exemple, la prévalence pour les Troubles du Spectre Autistique (TSA) serait de 8 à 10 enfants sur 1 000 pour ceux nés en 2010, celles pour les troubles DYS serait de 6 à 8 % chez les enfants (avec des données qui restent à valider), … des chiffres très significatifs même s’ils restent à affiner et confirmer.

Si les universités pensent qu’il est crucial de développer des recherches de haut niveau sur les situations de handicap et les troubles neurodéveloppementaux, et si elles désirent obtenir des connaissances scientifiques à la fois fondamentales et appliquées, ces autorités doivent s’engager contractuellement à conduire une politique de formation et recrutement volontariste à long terme.

Plusieurs propositions sont à discuter pour favoriser significativement, à court et à long terme, les recherches sur les situations de handicap et les troubles neurodéveloppementaux dans les universités françaises.

Proposition 1 : profiler sur ces domaines, environ 10 à 20 % des postes des futurs enseignants-chercheurs et chercheurs (CNRS, etc.) ouverts aux concours pendant les 10 prochaines années.

Proposition 2 : créer des contrats doctoraux adaptés avec une durée de 5 ans avec une dimension théorique et une dimension clinique/
interventionnelle avec des doubles tutelles (par exemple professeur en psychologie du développement et professeur en médecine).

Proposition 3 : financer des recherches collaboratives avec la méthode du design participatif afin d’inclure dès la conception, les chercheurs, les professionnels y compris les Accompagnantes des élèves en Situation de Handicap, les parents et les enfants/adolescents.

Proposition 4 : insérer la question des situations de handicap et les troubles neurodéveloppementaux dans les appels d’offre de recherche lancés par les différents organismes liés à l’éducation, au numérique, etc.

Proposition 5 : créer un observatoire online des ressources humaines et financières disponibles (organismes, fondations, etc. qui travaillent sur les situations de handicap et les troubles neurodéveloppementaux) en France, avec leurs actions en cours.

Proposition 6 : développer des formations par la recherche pour les professionnels de l’éducation et évaluer leurs effets.

Proposition 7 : ajouter dans les concours de recrutement des épreuves dédiées à l’adaptation des enseignements aux élèves concernés (par exemple, pour le concours des professeurs des écoles, évaluer une séquence pédagogique destinée pour une classe avec deux élèves dyslexiques) et évaluer les effets de cette mesure sur les gestes professionnels des enseignants.

Proposition 8 : co-construction d’un cours en ligne gratuit (MOOC) avec les chercheurs, les praticiens et les parents.

Pr Édouard Gentaz
Professeur de psychologie du développement à l’Université de Genève et
Directeur de recherche au CNRS

Références

Gentaz, É. (2021). Éditorial – Geste professionnel, intervention, prise en charge, numérique… Passer de l’efficacité à l’efficience. A.N.A.E., 172, 265-267.

Gentaz, É. (2018). Éditorial – Les recherches sur les situations de handicap et les troubles neurodéveloppementaux dans les universités françaises ont-elles un avenir ? A.N.A.E, 152, 7-9.

Pour citer cet article : Gentaz, É. (2021). Éditorial – Des propositions pour favoriser les recherches sur les situations de handicap et les troubles neurodéveloppementaux en France. A.N.A.E., 174, 521-523.

Des propositions pour favoriser les recherches sur les situations de handicap et les troubles neurodéveloppementaux en France – ANAE N° 174 – É. Gentaz

Les recherches sur les situations de handicap et les troubles neuro-développementaux (Déficiences intellectuelles, troubles du spectre autistique, troubles déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité ou impulsivité, troubles DSY) sont essentielles pour produire des connaissances à la fois théorique et clinique. Des recherches sont ainsi nécessaires pour élaborer des prises en charges et évaluer leur efficacité ou efficience (Gentaz, 2021). En 2018 j’avais alerté sur les très faibles ressources humaines et financières disponibles sur ces thèmes en signalant qu’environ seulement 2-3 % des postes étaient ouverts dans la prochaine campagne de recrutement des futurs enseignants-chercheurs (MCF) en psychologie, en sciences du langage, en sciences de l’éducation et en sciences et techniques sportives (Gentaz, 2018).

Les analyses des données plus récentes sur les contrats doctoraux financés, les postes ouverts et les fonds de recherche montrent que ces ressources sont toujours aussi faibles alors que ces questions sont des problèmes de santé publique majeurs. Par exemple, la prévalence pour les Troubles du Spectre Autistique (TSA) serait de 8 à 10 enfants sur 1 000 pour ceux nés en 2010, celles pour les troubles DYS serait de 6 à 8 % chez les enfants (avec des données qui restent à valider), … des chiffres très significatifs même s’ils restent à affiner et confirmer.

Si les universités pensent qu’il est crucial de développer des recherches de haut niveau sur les situations de handicap et les troubles neurodéveloppementaux, et si elles désirent obtenir des connaissances scientifiques à la fois fondamentales et appliquées, ces autorités doivent s’engager contractuellement à conduire une politique de formation et recrutement volontariste à long terme.

Plusieurs propositions sont à discuter pour favoriser significativement, à court et à long terme, les recherches sur les situations de handicap et les troubles neurodéveloppementaux dans les universités françaises.

Proposition 1 : profiler sur ces domaines, environ 10 à 20 % des postes des futurs enseignants-chercheurs et chercheurs (CNRS, etc.) ouverts aux concours pendant les 10 prochaines années.

Proposition 2 : créer des contrats doctoraux adaptés avec une durée de 5 ans avec une dimension théorique et une dimension clinique/
interventionnelle avec des doubles tutelles (par exemple professeur en psychologie du développement et professeur en médecine).

Proposition 3 : financer des recherches collaboratives avec la méthode du design participatif afin d’inclure dès la conception, les chercheurs, les professionnels y compris les Accompagnantes des élèves en Situation de Handicap, les parents et les enfants/adolescents.

Proposition 4 : insérer la question des situations de handicap et les troubles neurodéveloppementaux dans les appels d’offre de recherche lancés par les différents organismes liés à l’éducation, au numérique, etc.

Proposition 5 : créer un observatoire online des ressources humaines et financières disponibles (organismes, fondations, etc. qui travaillent sur les situations de handicap et les troubles neurodéveloppementaux) en France, avec leurs actions en cours.

Proposition 6 : développer des formations par la recherche pour les professionnels de l’éducation et évaluer leurs effets.

Proposition 7 : ajouter dans les concours de recrutement des épreuves dédiées à l’adaptation des enseignements aux élèves concernés (par exemple, pour le concours des professeurs des écoles, évaluer une séquence pédagogique destinée pour une classe avec deux élèves dyslexiques) et évaluer les effets de cette mesure sur les gestes professionnels des enseignants.

Proposition 8 : co-construction d’un cours en ligne gratuit (MOOC) avec les chercheurs, les praticiens et les parents.

Pr Édouard Gentaz
Professeur de psychologie du développement à l’Université de Genève et
Directeur de recherche au CNRS

Références

Gentaz, É. (2021). Éditorial – Geste professionnel, intervention, prise en charge, numérique… Passer de l’efficacité à l’efficience. A.N.A.E., 172, 265-267.

Gentaz, É. (2018). Éditorial – Les recherches sur les situations de handicap et les troubles neurodéveloppementaux dans les universités françaises ont-elles un avenir ? A.N.A.E, 152, 7-9.

Pour citer cet article : Gentaz, É. (2021). Éditorial – Des propositions pour favoriser les recherches sur les situations de handicap et les troubles neurodéveloppementaux en France. A.N.A.E., 174, 521-523.

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